Un arrêté préfectoral en date du 13 février 2026 acte l’ouverture d’un Local de Rétention Administrative (LRA) de 4 places au sein du commissariat central de Nantes (Waldeck Rousseau). Il s’agit d’enfermer, dans des préfabriqués entourés de palissades et de barbelés installés dans la cour du commissariat (Ouest France, 16 février 2026) des personnes étrangères jusqu’à 48h (voire même jusqu’à 6 jours dans certains cas), en attente d’un transfert vers un Centre de Rétention Administrative ou d’un éloignement direct du territoire. Comme lors de l’annonce de sa création en septembre, notre coordination redit son opposition à l’ouverture de ce lieu raciste, indigne, inutile et coûteux.

Comme les Centres de Rétention Administrative (CRA), les LRA sont des lieux dans lesquels on enferme des personnes uniquement parce qu’elles sont sans papiers, et ce sur simple décision administrative, sans jugement préalable, en vue de leur expulsion du territoire français.

Les droits des personnes enfermées y sont drastiquement réduits puisque, contrairement aux CRA, il n’est pas prévu de permanence médicale, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) n’est pas présent, et aucun chiffre du nombre de personnes passant dans ces locaux d’enfermement n’est publié par le gouvernement.

Dans un contexte de rigueur budgétaire qui impacte notamment culture, éducation, santé, l’État prévoit 2 milliards d’euros dans le budget 2026 pour lutter contre l’immigration illégale, soit une hausse de 80 millions d’euros par rapport à 2025, principalement pour la construction de nouveaux centres de rétention. Il fait le choix de la répression, plutôt que de l’intégration, alors que les possibilités de régulariser sa situation se durcissent et s’amenuisent. Or, une autre politique est possible, l’Espagne vient ainsi de décider la régularisation de 500 000 travailleurs sans papiers, après un bilan positif de la régularisation de 750 000 sans-papiers en 2005.

CRA ou LRA, nous refusons cette politique raciste qui précarise, isole, enferme et entretient l’amalgame entre immigration et délinquance ou insécurité. Alors que prend de l’ampleur, notamment dans notre pays, une logique mortifère de rejet de l’autre et de recherche de bouc-émissaires, il est urgent de dénoncer ces amalgames et de se mobiliser pour un accueil digne et respectueux des droits fondamentaux des personnes étrangères.

Nantes, le 3 mars 2026 – COLERE Nantes