Ça y est. Le permis de construire (PC) et l’autorisation environnementale (AE) relatifs à la construction d’un centre de rétention administrative à Nantes viennent d’être publiés et signés par le préfet, à quelques jours d’intervalle et en un temps record !

Comme attendu, l’État cherche donc à aller le plus vite possible et passe en force malgré les avis défavorables de la Commission locale de l’eau (CLE), de la Ville de Nantes, du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) et des deux consultations publiques qu’il a lui-même ouvertes !

Mais qu’on ne s’y trompe pas : ces autorisations ne sont en rien une surprise. Elles ne mettent pas fin au débat. Elles ne mettent pas fin à notre opposition. Et elles ne mettent certainement pas fin à la lutte.

Depuis plusieurs semaines, notre coordination COLERE Nantes – CRA ni ici, ni ailleurs s’est attachée à réunir les fonds nécessaires au financement des recours juridiques. Nous contesterons donc dans les jours à venir, aux côtés de l’Association des Riverains et Amis de La Beaujoire (ARALB) et de ses avocats, le permis de construire comme l’autorisation environnementale.

Nous rappelons également qu’un recours a d’ores et déjà été déposé devant le tribunal administratif de Nantes par neuf de nos organisations pour contester l’arrêté qualifiant le projet d’intérêt général. 

Au-delà des recours juridiques : continuer de construire le rapport de force

Mais nous le savons : le combat juridique ne suffira pas. Face à un projet que l’État cherche à imposer à marche forcée, c’est un rapport de force politique qu’il s’agit de construire contre l’enfermement des étranger·es et la politique qui le porte.

N’étant pas à une aberration près, l’État a choisi des parcelles de l’ex-ZAD de Notre-Dame-des-Landes pour servir de « terres de compensation écologique » ! Préservées par la lutte contre la construction du projet d’aéroport, ces terres, situées à des kilomètres de Nantes, devraient servir à bétonner ici une zone humide pour y construire une prison pour étranger·es. Hors de question !

C’est donc aux côtés des habitant·es et paysan·nes de Notre-Dame-des-Landes que COLERE Nantes appelle toutes celles et ceux qui refusent ce projet à se mobiliser massivement pour une journée de manifestation et de semis sur ces parcelles, le samedi 10 octobre, à 12 h, à La Paquelais (Vigneux-de-Bretagne).

La publication du permis de construire et de l’autorisation environnementale ne rend la mobilisation du 10 octobre que plus importante. Associations, collectifs, paysan·nes, syndicats, habitant·es, militant·es, citoyen·nes : nous devons être nombreux·ses pour faire entendre une opposition que les décisions administratives ne feront pas disparaître. CRA, ni ici, ni ailleurs !

Nantes, le 2 septembre 2026